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Bring Your Own Device – Pourquoi les entreprises n’auront bientôt plus le choix !

Voilà plus d’un an que je travaille au quotidien avec mon iPad, en binôme du PC portable mis à disposition par mon entreprise. Cette expérience m’a permis de réaliser à quel point le Bring Your Own Device (BYOD) est générateur de valeur pour l’entreprise. D’ailleurs, il fonctionne à merveille dans un certain nombre d’entreprises [en]. Je suis convaincu, et pas le seul, que cette façon de penser « out of the box » est adaptée à nos entreprises et que les freins que l’on y oppose naturellement sont bien moins importants que la valeur créée.

 I have the feeling that this concept can really work out very well. […]I’m sure that with the help and input of my colleagues and managers, the idea could lead to a more productive and closer to real life work environment than what we have so far. Source : Simon Baker

So what ? Pourquoi la mayonnaise ne semble pas vraiment prendre ? Peut être est ce lié à la culture d’entreprise française, peut être que cel n’a rien à voir, toujours est il que cette mentalité n’est pas encore très présente chez les employés et encore moins dans les DSI. Et pourtant…

BYOD

Nous travaillons déjà avec notre propre matériel.

Eh oui, sans vous en rendre compte vous travaillez déjà un petit peu en mode BYOD ! Nous sommes plus de 50% à utiliser notre Smartphone à des fins professionnelles (source : Forrester), généralement parce qu’il permet une souplesse d’usage que les outils fournis par l’entreprise ne permettent pas. J’y gère mes taches, mes rendez vous, reçoit et envoie mes emails, … tout simplement parce que je n’ai rien trouvé de mieux dans les outils qui m’ont été mis à disposition. J’ai toujours mon iPhone avec moi (et quasi tout le temps mon iPad), ce qui n’est pas le cas de mon Laptop. Bien sur, certains employés disposent d’un portable pro (blackberry par ex) leur permettant d’accéder à leurs mails et calendrier en mobilité. Il s’agit d’une minorité et généraliser la pratique ne semble pas être une piste en cours de réflexion des entreprises en ce moment. De manière plus générale, dans 61 % des entreprises françaises les employés utilisent déjà des terminaux personnels à des fins professionnelles !

Les questions de sécurité n’en sont pas vraiment.

Bring Your Own Device - Les questions de sécurité sont de fausses excusesDe nombreuses entreprises ne permettent pas aux ordinateurs externes de se connecter au réseau. Les raisons invoquées sont souvent les mêmes : le risque de piratage de données et de transmission de virus informatiques. Le BYOD ne passera donc pas par l’entreprise, trop risqué mon bon monsieur. Malheureusement à l’instar de ce que j’expliquais dans un précédent billet sur l’importance de l’offre de service ITles utilisateurs n’ont pas attendus pour mélanger l’informatique personnelle et professionnelle. Monsieur Dupont sait très bien s’envoyer par mail le document qu’il souhaite compléter le WE et qu’il rapportera sur sa clé USB lundi (clé USB contenant films et mp3 à la légalité peu probable). Madame Michu2.0 quand à elle emporte son Laptop tous les soirs pour travailler un peu dessus, quand ses enfants ne le monopolisent pas en jouant à Age of Empires… Ouvrons donc les yeux ! Le temps des mainframes et du client-serveur ou tout était sous contrôle de la DSI est révolu. Aujourd’hui il faut positionner le curseur intelligemment entre le blocage excessif et le trop permissif afin de ne pas générer des effets de bord mettant à mal la stratégie de sécurité IT, voire la rendant inutile. C’est un mode de pensée sans statu-quo qu’il faut avoir à l’esprit en permanence afin de mettre l’énergie et la compétence là ou elle crée de la valeur et ne pas se priver de réelles opportunités. A ce titre il est intéressant de regarder les résultats de l’étude menée par Citrix en début d’année :

  • Plus des deux tiers des entreprises sondées ne savent pas que leurs employés utilisent des terminaux personnels
  • Les entreprises ayant une politique BYOD adaptée à leurs activités ont constaté des impacts opérationnels considérables : gains jusqu’à 20% pour 2/5, supérieurs à 20% pour 1/5 d’entre elles.
  • Les entreprises qui parviennent à intégrer des appareils tels que les iPhone, iPad et les terminaux Android à leurs activités constatent des gains de productivité de 30 % et parfois plus.
  • 74 % des entreprises n’ont aucune règle, aucune procédure ni aucun système informatique en place pour encadrer l’utilisation professionnelle des terminaux personnels.
  • Les entreprises s’inquiètent principalement des risques de sécurité liés au fait d’autoriser l’accès à distance à leur réseau.
  • Les inquiétudes traditionnelles relatives à une perte de productivité induite par l’utilisation de terminaux personnels durant le temps de travail figurent également parmi les principales préoccupations des entreprises (32 %).
  • La plupart des employés (65 %) veulent se simplifier la vie en utilisant un seul et même terminal pour leurs usages personnels et professionnels. Néanmoins, dans 51 % des cas, le terminal personnel offre de meilleures fonctionnalités ou une plus grande flexibilité que celui fourni par l’employeur.

Édifiant non ?

Le monde de demain sera numérique et mobile, l’entreprise n’aura pas le choix.

Les projections de Forrester (voir lien plus haut) sur ce sujet tablent sur 60 millions de tablettes et 175 millions de smartphones utilisés en entreprise en 2015 !

Il est temps maintenant de changer votre stratégie de collaboration, pour penser les appareils et le travail en terme de mobilité. Les attentes des employés « mobiles », en tant qu’utilisateurs expérimentés sur de multiples supports, ne pourront être satisfaites qu’avec le déploiement de solutions en interne que sont les « native apps ». (source : Ted Schadler)

L’avenir des applications en entreprise passe par le mode web, les Apps et les API ! (j’aimerais d’ailleurs développer ce sujet dans un prochain billet mais oups… question temps…  donc n’hésitez pas à me contacter pour un billet invité si le sujet vous tente). Le paradigme de l’entreprise est de plus en plus bousculé par l’arrivée du monde numérique issu de la sphère personnelle. L’entreprise n’a pas le choix, elle doit se transformer en entreprise numérique ou mourir (car sa concurrence n’attendra pas). Pour cela, elle a besoin de l’aide de ses équipes IT qui ont tout intérêt si ce n’est pas déjà fait à se remettre en question sur le sujet du BYOD. Certes, cette question ne permet que d’effleurer ce vaste sujet qu’est l’entreprise numérique, mais le BYOD constitue une porte d’entrée sexy pour engager le dialogue avec la DG, qui peut permettre d’aborder des sujets plus complexes et mois fun comme par exemple le nécessaire travail sur l’organisation ou la mise en place d’un RSE…

Auteur : Fabien Grenet Fabien a effectué 448 contributions sur Startupeers.

Propulseur d’idées passionné par l’innovation et le monde numérique. Fondateur de Startupeers et d’HENSEN conseil, agence qui propose aux startups, PME et grands groupes une approche créative décuplant l’innovation et permettant de passer rapidement de l’idée au produit sur le marché. Geek sur les bords et fan du Japon à ses heures perdues.

8 Commentaires

  1. Voila qui est dit, bravo !
    Et cela m’évitera d’écrire un article sur le sujet qui aurait tenu a peu près le même discours
    A bientôt

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    • C’est une évidence pour beaucoup de monde, pas souvent écrite ou tout du moins formulée de cette façon, donc peu prise en compte dans les stratégies IT..

      Mais bon, d’ici l’année prochaine, je suis prêt à parier que le board de la DG voudra accéder à ses outils « métiers » avec leurs iPad 3 que la DSI aura été « forcée d’acheter », ça laisse 6-9 mois pour anticiper la demande 😉

  2. Il y a du vrai dans cet article, évidemment. Mais il faut aussi faire attention à certaines choses :
    – Le fait d’utiliser son téléphone perso pour gérer ses tâches, son agenda et son carnet d’adresses n’a rien d’étonnant (ni de nouveau). Il s’agit d’organisation personnelle, qui est donc du ressort de l’individu. C’est un peu dommage que les entreprises se focalisent uniquement sur l’organisation d’équipe (gestion de projets), et ne prennent pas suffisamment de temps pour aider leurs employés à s’organiser efficacement, mais c’est comme ça.

    – Il reste énormément d’employés pour qui il est inimaginable de travailler sur des outils personnels. S’ils en ont besoin pour leur boulot, ils considèrent que c’est à l’entreprise de leur mettre à disposition le matériel (et quelque part ils n’ont pas tort). Difficile de faire passer le message à ces personnes.

    – Il est facile de balayer les questions de sécurité et de productivité d’une pirouette, en les jugeant simplement désuètes. Cela reste de vraies problématiques pour lesquelles les entreprises doivent trouver des solutions.

    Petite question : Si vous faites tomber votre iPad par terre au boulot, qui paye la réparation ? Vous, alors que vous l’utilisiez pour travailler, ou bien l’entreprise, qui n’a jamais avalisé l’usage de cet appareil dans les locaux ?

    Donc oui, quand on a un PC poussif au boulot, on peut devenir plus productif avec une tablette à côté. Mais on l’est encore plus avec un PC puissant et 2 grands écrans. En fait, j’ai l’impression que le BYOD est surtout utilisé dans les entreprises qui ne mettent pas à disposition du bon matériel à leurs employés. Dans mon entreprise, tout le monde a un ordinateur avec 2 écrans, et quand une machine commence à montrer ses limites par rapport au travail qui lui est demandé, on la change par une plus puissante. Les gens qui doivent travailler à distance (des commerciaux, principalement) ont un ordinateur portable récent et un smartphone aux frais de l’entreprise. Et les questions d’organisation sont traitées de manière générale.

    À vrai dire, un employé avec du bon matériel sera tellement plus productif que l’investissement est fait naturellement. Notre directrice artistique avait bien commencé à venir avec son iPad ; puis elle a arrêté parce qu’il restait au fond de son sac, une fois passée l’excitation initiale.

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    • Complètement d’accord avec toi Amaury sur le fait que les entreprises devraient se focaliser beaucoup plus sur les individus et leur proposer des solutions adaptées à leur besoins ! Tu as la chance de travailler dans une entreprise qui est attentive aux besoins matériel de ses employés (quelques chose me dit que le fait que tu l’ai créé n’y est pas étranger) mais le fait est qu’en général les solutions proposées sont souvent pensées globalement et ne tiennent pas comptes de la granularité fine des besoins de chacun (rares sont les entreprises qui proposent des solutions vraiment modulaires au niveau du poste de travail par exemple). Le BYOD est une des façons de répondre à cette question.

      Attention cependant, lorsque je dis que les entreprises ne vont pas avoir le choix, je parle du choix de « mettre en place une politique BYOD ». Le but de cette politique est justement de répondre aux questions que tu soulèves (qui est responsable de quoi, qui paye quoi, …). Dans les entreprises qui l’on déjà fait, les salariés qui font le choix d’en profiter (car tu as raison il y aura toujours des réticents) disposent d’un budget ET du choix de l’utiliser comme bon leur semble pour leurs achats de matériel. C’est donc une politique responsabilisante et cadrée, qui permet à chacun de disposer du meilleur environnement de travail qu’il puisse avoir ! Pour reprendre ton exemple, ça peut être un PC surpuissant avec deux écrans pour un graphiste, ou une tablette et un petit PC pour un commercial qui passe 80% de son temps en rdv client et qui souhaite présenter ses prospectus de façon sexy et vendeuse (à condition que le SI suive, mais pour le coup la politique BYOD comprend également un volet SI interopérable..).

      Les problématiques de sécurité sont réelles et ne se balayent pas d’une pirouette ni dans un sens (c’est sans risque) ni dans l’autre (c’est trop risqué).. Parfois la meilleure façon de créer un climat de réflexion est de « bousculer les lignes » même grossièrement car cela fait réagir et c’est sur cet échange engagé qu’il sera possible de construire. C’est exactement le but de mon approche, je cherche à faire prendre conscience que fermer les yeux et attendre que ça passe est voué à l’échec. Il vaut mieux ouvrir le débat, analyser par rapport au contexte de l’entreprise, ses enjeux, … et ensuite choisir d’y aller ou non pour des « vrais » raisons 😉

  3. Comme je l’ai écrit il y a peu [1], plutôt que BYOD, et donc au delà du matériel, n’est-ce pas plutôt la capacité à utiliser dans un cadre pro les outils que l’on utilise à titre perso lorsque c’est applicable ?

    Même si je vois certains coté tentants au BYOD, je pense que pour le faire dans de bonnes conditions pour tout le monde (employé & employeur), il faut vraiment faire le tour du sujet et évaluer bon nombre de points.

    [1] http://nicolas.steinmetz.fr/journal/bring-your-own-device-or-use-my-favorite-service.html

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  4. Du coup, je rejoins aussi le commentaire d’Amaury, même si je n’ai pas la chance de travailler dans la même entreprise que lui 🙁

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  5. Excellente remarque que celle de la tendance connexe au BYOD que tu as appelé « use my favorite service » !

    Je te rejoins d’ailleurs sur ce point, il est également de plus en plus important de pouvoir utiliser dans un cadre pro les outils que l’on utilise déjà dans un cadre perso, pour les raisons que tu évoques dans ton billet (j’irais y ajouter un commentaire pour continuer la discussion sur ce thème).

    Concernant le BYOD, il ne faut pas oublier que ce qui se cache derrière la tendance « j’apporte ou je veux apporter mon matos perso sur mon lieu de travail » est surtout un changement de paradygme dans la gestion du parc informatique de l’entreprise.

    En gros : plutôt que de proposer uniquement un catalogue de matos « très limité » (ce qui était jusqu’à présent la méthode classique), l’entreprise propose également un budget à chaque employé qui le souhaite pour qu’il gère lui même ce point.

    Par exemple, en tant qu’employé je dispose de 3000€ pour les 3 prochaines années pour acheter et maintenir mon poste de travail, libre à moi de choisir un mac surpuissant ou un netbook et de nombreux accessoires, sachant que dans tous les cas je me dois de prendre un contrat de support avec le fabriquant.

    Dans ce modèle, beaucoup des questions que tu soulèves trouvent leur réponse.

    Et pour revenir au commentaire d’Amaury, si l’entreprise est capable de répondre correctement aux besoins en matériels et services de ces employés, effectivement une politique BYOD n’apporte rien. Mais en revanche si elle ne peut le faire pour des raisons structurelles, de taille, de contractualisation avec les fournisseurs, de capacité à assurer la maintenance et le support de tous les types de matériels que peuvent demander les employés, alors là le BYOD apporte une valeur ajoutée car il permet une souplesse que ne permettait pas le modèle classique.

    Après, se pose la question de l’accessibilité aux outils / services de l’entreprise via les smartphones et tablettes (qui pour le coup seront souvent du matos vraiment perso) mais c’est à mon sens un autre sujet qui possède un degré de complexité différent selon l’entreprise et les outils / services concernés et qui sera la majorité du temps circonscrit à la gestion agenda / mail / taches qui est plus facile à mettre en oeuvre.

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  6. En fait qu’est ce qui est important pour l’entreprise, gérer du mato ou produire et développer ?

    Ouioui, je sais il y a plein de bonnes raisons pour dire qu’il faut contrôler, canaliser, maitriser, sécurisé et économiser. Donc permettre à un employé d’utiliser son matériel n’est pas sans risques et parait assez compliqué. Mais l’évolution des technologies permet de faire beaucoup de choses aujourd’hui, à commencer par un bureau virtuel sur un cloud privé. Mon matériel perso ne devient alors beaucoup plus qu’un moyen d’accès.

    En fait, avoir la possibilité d’utiliser ce qui me fait plaisir et me consacrer à mon travail (et pas la techno) est une vraie révolution que nous sommes en train de vivre.

    Quelle horreur allez-vous dire, pour maintenir ces terminaux de toutes natures. Non, c’est très simple, le marché s’adaptera, et vous pourrez bénéficier de services associés à l’acquisition de votre terminal (un nouveau business en perspective, non ?). Encore une chose de (perdue) gagnée pour l’entreprise.

    Et on va aller encore plus loin, comme j’ai avec moi, mon environnement de travail sur ce que j’ai choisi (et donc j’en suis bien plus responsable que ce qui m’a été imposé), je peux aussi travailler où je le souhaite. Bingo, cela développe le télétravail, qui pour beaucoup est une souplesse.

    Au final nous avons
    – une entreprise qui au niveau DSI, se concentre sur le développement d’infrastructure de services riches, orientés métier,
    – et qui finance une majorité des outils que l’employé nécessite pour son travail (sur son choix)
    – elle ne fait aucun support d’infra, de matériel, de gestion de licence, …
    – l’employé gère son outil et utilise les services métier proposés par son entreprise,
    – il boss de façon plus souple et nomade (grève, transport, en terrasse, chez un client ou fournisseur, …)
    – il est responsabilisé dans son travail, il apprend à s’adapter à de nouveaux usages,

    Oulala, laisser autant de liberté à cet utilisateur me diriez vous ? – Ben oui, pourquoi pas ? Personnellement j’adore travailler lorsque cela me fait plaisir. Je glandouille lorsque je m’ennui. Humm tient, il y aurait là aussi un effet de bord, qui serait orienté management, non ?

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