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Entreprise sociale – Mashup vs Middleware humain ?

Rappelez vous, enterprise 2.0 is API est le leitmotiv résumant ma vision de l’avenir du SI de l’entreprise sociale qui a vu le jour lors de l’E2.0 Summit 2012. Plus exactement que nous parlions d’informatique ou d’humain, dans l’entreprise sociale tout est question d’interaction, de connexion, de conversation et de collaboration : précisément le fondement des APIs !

J’aborderai cependant dans ce billet uniquement la composante outils en laissant volontairement de coté la composante humaine car bien que l’analogie soit juste, je crains de ne perdre une partie d’entre vous en cours de route.. Attention, je n’ai pas changé d’avis pour autant. Je considère toujours que l’usage prime sur l’outil et que le meilleur chemin vers l’entreprise sociale est celui qui emprunte la voie de l’humain. Pour autant, de tous temps nous nous sommes outillés, et dans le cas de l’entreprise nombre de ces outils ne sont rien de moins que de l’informatique.

Dans la tribune libre que j’ai eu l’occasion d’écrire pour le livre blanc de la Gouvernance de l’information (encore merci Jean-Pascal), j’ai posé les première briques de cette vision d’un SI agile et interconnecté donnant le pouvoir à ses utilisateurs sans pour autant l’enlever des mains de la DSI. La voici enfin développée sur haikusages !

Entreprise sociale   Mashup vs Middleware humain ?

Un SI agile et modelable.

Frédéric Charles le résume très bien dans son billet Adoptons la technologie grand public pour collaborer en entreprise, le temps est venu pour l’entreprise de s’ouvrir aux services proposés dans le monde grand public mais également de s’en inspirer dans sa manière de penser et mettre à disposition le SI.

Le collaboratif de l’entreprise peut être vu comme une plateforme mise à disposition des salariés, au moment ou ils sont prêts, pour leur donner cette agilité maximum.

la DSI, le département qui maîtrise le mieux la technologie, doit se pencher sur ces applications et plateformes grand public disponibles, les qualifier, les intégrer et les proposer comme briques utilisables en interne

Anthony Poncier quand à lui mise sur la socialisation de l’urbanisation SI pour fluidifier la circulation de l’information et la collaboration au sein des outils sans recréer de nouveaux silos techniques, ce qui serait le comble pour une démarche visant à casser les silos organisationnels et opérationnels.

Enfin, pour Bertrand Duperrin le salarié joue le rôle de middleware humain entre la multitude d’outils de son quotidien opérationnel sans que ne lui soit données les clés lui permettant d’adapter les outils à ses besoins, avec pour résultat un désintérêt progressifs pour les outils sociaux au profit de l’email et du SI métier.

Si l’enjeu de l’entreprise 2.0 est essentiellement d’ordre organisationnel et humain, cette dimension plutôt technique est une condition sine qua non d’une transformation réussie et acceptée.

Tous s’entendent sur une vision d’outils au service de l’usage, conversationnels, flexibles, évolutifs, intéropérables et capables de s’adapter au contexte mouvant de l’entreprise sociale et de délivrer au bon moment la valeur ajoutée qu’on leur prête, à des années lumières de nombres de SI d’entreprises pourtant fort couteux…

Note : si ces trois acteurs du changement vers l’entreprise sociale ne sont pas les seuls à promouvoir ces approches, loin de là, ils ont en revanche l’intérêt d’être facilement sourçables et très prolixes.. Je cède donc régulièrement à cette solution de facilité pour étayer mes propos.

Interopérabilité & Mashup sont les deux mamelles de l’entreprise sociale.

Je suis sur que c’est exactement ce que Sully dirait aujourd’hui si, à l’instar d’Henri IV qui lui avait confié le soin de réorganiser les finances de l’Etat, un PDG lui demandait de moderniser l’entreprise.

Intéropérabilité car ne rêvons pas, le temps ou le SI n’était constitué que d’applications en silo couvrant chacune un domaine donné est révolu. Le monde grand public est fait de multitudes de services proches ou éloignés dans lesquels les utilisateurs piochent au gré de leurs besoins, cumulant parfois plusieurs outils ayant les mêmes fonctionnalités mais qu’ils utilisent dans des contextes d’usages différents. L’entreprise suivra à coup sur cette tendance, l’intéropérabilité est donc la seule garantie que toutes ces briques puissent se parler et interagir ensemble.

Mashup car il n’y a rien de plus décevant, de contre productif que de fournir des outils limités dans leurs usages et ne permettant pas sauf évolution de répondre à l’instant T au besoin de l’utilisateur, d’être modelé par lui. Les employés sont d’ailleurs déjà des spécialistes du Mashup, version «à la mano», et ont déjà mis en place tout un processus ni automatisé ni vraiment optimisé permettant de passer l’information utile de l’application truc vers le portail machin en passant par l’application bidule ! Ne souriez pas, nous l’avons tous fait moi y compris pour palier aux limitations de nos outils informatiques qui pourtant nous sont toujours présentés comme évolutifs sans mentionner le fait que leur référence de contexte temporel est celle du BTP là ou nous attendons celle du web (on construit rarement un immeuble en quelques minutes…).

Mashup vs Centralisation.

Comment garantir que les objectifs d’amélioration par l’intelligence collective seront bien atteints sans noyer les employés sous une quantité faramineuse d’outils ni risquer de diluer l’information et multiplier les usages ?

Une des réponses est l’urbanisation par la centralisation, approche assez classique dans laquelle pour chaque domaine fonctionnel un seul outil est adoubé et mis en oeuvre. Dans les faits il s’agit de proposer ou plutôt d’imposer un RSE, un outil de gestion de taches, etc. Si le but est louable, éviter de créer des silos numériques, il n’en demeure pas moins que cette approche me paraît surtout contre productive. Je ne crois pas en l’urbanisation par la centralisation des outils sociaux pour une raison simple : ça n’est pas la tendance constatée dans les usages grands public. Vous me direz que la posture est un peu risquée et que s’inspirer à ce point du monde grand public pour réinventer l’entreprise est légèrement extrême… peut être… se pencher sur quelques exemples nous aidera à y voir plus clair.

Commençons par les Réseaux Sociaux d’Entreprise, dont l’acronyme RSE ne devrait d’ailleurs jamais s’utiliser au singulier (Réseau Social d’Entreprise), et faisons le parallèle avec le web grand public. Vos employés utilisent plusieurs médias sociaux grand public différents parce que ces derniers répondent à des besoins d’usage précis (de Facebook à Twitter en passant par Instagram et Tumblr). Facebook est certes un mastodonte, mais tout le monde ne l’utilise pas de la même façon et penser que parce qu’il est possible de partager des images sur Facebook il n’y a nul place pour Flikr ou Picassa c’est se mettre une belle poutre dans l’oeil. C’est la même chose en entreprise, vos employés s’attendent à disposer de plusieurs outils sociaux conversationnels délivrant une valeur ajoutée précise et lisible. Penser qu’il ne peut exister qu’un seul RSE sous prétexte de ne pas recréer de silos c’est prendre le risque au contraire de voir se créer des silos invisibles bâtis par les employés eux même à l’aide de services web si simple à mettre en oeuvre aujourd’hui (merci le cloud grâce à qui ce que mon service informatique ne me propose pas, Internet lui me le propose).

Prenons maintenant l’exemple des outils de gestion de projets et de taches qui tendent à devenir incontournables tant ils répondent à un besoin primaire organisationnel et opérationnel. Sur le web grand public, vos employés utilisent plusieurs services sociaux pour organiser leurs activités personnelles et gérer leur pense-bêtes efficacement (de Google Calendar à doodle en passant par ReadItLater, Evernote, Coupliz, Shopylist, Ookoodoo ou encore covoiturage-libre). Dans ce cas également, vos employés s’attendent à disposer en entreprise de plusieurs outils sociaux d’organisation et de productivité délivrant une valeur ajoutée adaptée et immédiate. Le marketing n’aura pas les mêmes besoins que la DSI pour gérer ses projets, besoins qui peuvent d’ailleurs différer au sein même d’une direction métier.

Entreprise sociale   Mashup vs Middleware humain ?

Bref, sans prétendre avoir la science infuse, il me semble que l’urbanisation par la centralisation, approche à l’ancienne «à besoin métier identique outil identique» est à déconseiller car vouée à l’échec. D’ailleurs il suffit de regarder ce qu’il se passe aujourd’hui en entreprise pour voir que si l’entreprise n’est pas encore au fait de cet état d’esprit, les employés eux le sont et ont déjà commencé à déployer des solutions web sans forcément l’aval de la DSI..

Alors comment faire pour ne pas reproduire virtuellement les silos organisationnels, managériaux et opérationnels que l’on chercher à supprimer ? En donnant les moyens aux employés de combiner les outils dont ils disposent pour qu’ils les servent mieux et leur délivrent enfin toute leur valeur ajoutée. 

à l’aide d’une plateforme de Mashup s’appuyant sur l’interopérabilité des outils sociaux existants et à venir, chaque employé est à même d’adapter ses outils numériques à ses besoins gagnant ainsi en agilité, en confort et par voie de conséquence en productivité

Enterprise Social Mashup Platform.

A la manière d’If This Then That, chaque entreprise devrait proposer à ses employés, avec le support de sa DSI, un portail de Mashup lui permettant de créer des règles simples d’interaction entre outils sociaux et métiers, internes comme externes. Ainsi, le rôle de middleware humain que l’entreprise fait tenir à ses employés en serait allégé car porté pour partie par la plateforme de Mashup, ce qui aurait pour conséquence d’améliorer le confort opérationnel des employés tout en réduisant le risque de voir se mettre en place de nouveaux silos.

Sur la forme que devrait prendre cette plateforme, je penche pour un mix entre IFTTT & hojoki. En effet, il me semble pertinent que cette plateforme de Mashup permettent également d’avoir une vue consolidée des informations issues des outils activé par l’employé sur le portail, à l’instar du flux d’activité (et non d’actualité) que propose hojoki. De cette manière chacun y trouverait son compte, de l’employé préférant créer des règles pour consolider son activité numérique dans un ou plusieurs outils à celui utilisant prioritairement le flux d’activité de la plateforme de Mashup en passant par celui faisant un peu des deux.

Comme vous le constatez il reste encore pas mal de travail pour que cette vision ne prenne vie. J’y crois cependant beaucoup car au delà des questions d’outillage, cette plateforme permettrait à la DSI et la DG d’envoyer conjointement un signal fort aux employés : vous êtes détenteurs du savoir informationnel et opérationnel de cette entreprise ; faites avec ces outils malléables ce qu’il vous semble être le mieux pour travailler efficacement ! (sous entendu : nous vous faisons confiance, ne perdez plus de temps à demander la permission avant d’agir, nous savons que vous utilisez intelligemment les outils mis à votre disposition pour apporter les meilleures réponses qui soient aux questions opérationnelles que vous rencontrerez).

Entreprise sociale   Mashup vs Middleware humain ?

Auteur : Fabien Grenet Fabien a effectué 321 contributions sur Startupeers.

Propulseur d'idées passionné par l'innovation et le monde numérique. Fondateur de Startupeers et d'HENSEN conseil, agence qui propose aux startups, PME et grands groupes une approche créative décuplant l’innovation et permettant de passer rapidement de l’idée au produit sur le marché. Geek sur les bords et fan du Japon à ses heures perdues.

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