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Recruter, manager et fidéliser la génération Y… bullshit !

Ayant envie d’écrire sur le concept de génération Y depuis un certain temps, je profite de l’occasion que me donne la conférence de l’EBG à laquelle j’ai assisté avant hier et qui avait pour sujet : La guerre des Talents, Recruter, Manager et Fidéliser la génération Y.

Autant le dire tout de suite, je ne suis pas fan du concept de génération Y (je n’aime pas les cases en règle générale). Réduire un groupe démographique à des règles comportementales est à mon sens une grosse erreur, mais représente à coup sur une excellente stratégie marketing pour certains professionnels.. Hors, vous en conviendrez, aborder une question sans tenir compte de son contexte ne permet pas vraiment de faire avancer le Schmilblick, et a pour résultat le fait de passer à coté de l’essentiel.

Et lorsque je me penche sur la question de la Génération Y dans son ensemble, il m’apparaît que les comportements et attentes qui sont mises en avant dans le portrait de cette génération ne sont ni plus ni moins que les reflets des changements sociétaux qui se sont produits ces 30 dernières années !

La génération Y n'existe pas !

La génération Y n’existe pas

En tout cas pas celle qu’on veut nous vendre. C’est d’ailleurs ce qu’on souligné les intervenants, quoiqu’un peu trop timidement car je ne crois malheureusement pas que ça ai vraiment marqué l’assistance.

Alexandre Collinet : Cette génération est le produit du (mauvais) comportement des entreprises ces 20 dernières années

Thibault Viort : ce n’est pas une question d’âge mais de comportement

Ces 30 dernières années ont été le théâtre de nombreux bouleversements voire de révolutions culturelles et sociétales. Ces bouleversements ont entrainé de nouvelles façon de penser, d’être et d’agir en société qui se sont par ricochet propagées au monde de l’entreprise.

Les jeunes qui compose cette soit disant génération Y se revendiquent peut être plus que leurs ainés de ces nouvelles attentes et comportements, mais je pense que c’est en grande partie parce qu’ils sont jeunes et qu’ils ont grandi avec ces changements ! Vous le savez bien, la jeunesse est bien plus prompte à se saisir du changement et de la nouveauté quand cela remet en question l’ordre établi et encore plus lorsque sociétalement ces changements reçoivent une forte adhésion.

La jeunesse est un formidable reflet des changements de la société, changements sur lesquels elle s’est souvent construite, mais elle est également diverse et généraliser me semble un exercice périlleux et risqué. C’est pourtant ce qui est fait avec ce concept de génération Y (bien que certains en reviennent et préfèrent parler de culture Y).

Alors oui, la génération Y est le reflet des attentes de la société et éventuellement son porte étendard, mais non la génération Y ne se limite pas aux jeunes de 20 à 35 ans ! Fort heureusement, il est rassurant de constater que nous sommes plusieurs à penser de cette façon !

les trois générations en poste dans les entreprises [les Y, 20-35 ans ; les X, 35-50 ans et les baby-boomers, 50-60 ans] que, quel que soit leur âge, tous se comportent à peu près de la même façon, car ils sont soumis au même contexte d’emploi. Les différences sont minimes. (source)

la génération Y n’existe pas. Les cadres qui ont entre 20 et 45 ans ont la même posture par rapport au travail et à la carrière. Ils partagent l’intérêt de l’opportunisme, l’idée que l’entreprise ne fera pas leur carrière, et qu’ils doivent donc s’en charger, que les collègues sont des gens sympathiques, mais dont il faut se méfier… (source)

Tout le monde est aujourd’hui d’accord pour concevoir que, si ces nouveaux comportements sont plus aisément observables chez les jeunes, ils concernent également les autres générations car ils reflètent l’évolution de la société toute entière. Il aura fallut 4 ans pour arriver à ce consensus. (source)

Mais alors pourquoi parler de Génération Y ?

Le seul intérêt de parler de la Génération Y est pour moi celui ci : continuer à faire changer les mentalités et contribuer à faire changer l’entreprise ! même si ça doit passer par un concept marketing et simpliste, cela permet d’engager le dialogue, la réflexion, l’échange, … et tout ce qui contribue à faire un pas vers le changement.

Nous partageons en effet tous des attentes légitimes, dont une partie a été exprimée unanimement par les 3 intervenants, et plus le sujet sera abordé plus il y aura de chances que les mentalités changent et que ça se traduise par des actes forts.

Thibault Viort : [ils] attendent que ce qui est dit soit fait – l’honnêteté est très importante – le niveau d’exigence est réciproque

Stéphane Roussel : Les frontières n’existent plus (client, fournisseur, partenaire, collaborateur, …) – [ils] travaillent différemment, mais pas moins – [ils] ne veulent pas simplement remplir une fonction, mais également en comprendre l’esprit – [il faut] évaluer uniquement par rapport aux compétences perçues – [il faut] donner tout de suite les outils pour travailler, ils ne veulent pas rentrer dans la préhistoire

Alexandre Collinet : promouvoir plutôt que recruter – privilégier les valeurs à l’expertise technique car elle s’apprend – l’exemplarité du manager est indispensable –

Ne vous trompez pas de sujet !

Mais soyez attentif, car la question nest pas « que faire pour que cette Génération Y s’intègre bien dans notre entreprise » mais « que faire pour que l’entreprise permette à chaque collaborateur de s’y épanouir ». La différence est notable. Ne tombez pas dans le travers « nous changeons l’entreprise parce que la Génération Y arrive », ça n’est pas des plus agréable pour les autres collaborateurs de l’entreprise qui méritent tout autant qu’on s’interesse à eux, à leurs besoins et à leurs attentes qui ne sont pas si éloignées que ça de celles de la Génération Y tele qu’elle est présentée.

L’enjeu est de faire en sorte que l’entreprise tire le meilleur des changeants sociétaux qui se sont accomplis ces 30 dernières années et qu’elle permette à ses employés d’en bénéficier, sans distinction générationnelle.

Finalement, au lieu de Génération Y parlons plutôt d’entreprise numérique  (que d’autres appellent 2.0, sociale ou encore digitale) ! Le sujet a le mérite de balayer plus large et d’englober les problématiques du « travailler ensemble » et « donnons du sens » liées à la culture Y sans stigmatiser une partie de la population de l’entreprise et sans faire abstraction du contexte sociétal dans lequel ces changements se produisent.

Et puis, au cas ou vous ne vous en doutiez pas, dans l’entreprise numérique la Génération Y n’existe pas !

Auteur : Fabien Grenet Fabien a effectué 450 contributions sur Startupeers.

Cofondateur de There is no spoon, Fabien est tout autant passionné par l'innovation et le numérique que par le jardinage. Il partage sa vision et son expérience sur Take the Red Pill, ainsi que ses expérimentations agricoles sur Le Potager Perché. There is no spoon est une agence écosystème fédérant un collectif de freelances partageant un même objectif : permettre d'accélérer les projets en exploitant les leviers du numérique (état d'esprit, méthodes, outils).

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